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SOLIDARITÉ

SAINT-BRIEUC : un film sur le harcèlement scolaire tourné dans le collège Saint-Pierre

Pendant les vacances scolaires, le collège Saint-Pierre a accueilli le tournage d’un film sur le harcèlement scolaire. Le réalisateur briochin, Alexandre Beurrier-Dabusco (en vert) a coaché une soixantaine d’acteurs, enfants et adultes. | OUEST-FRANCE

Pendant les vacances, les salles de classe de Saint-Pierre accueillent le tournage d’une fiction sur le harcèlement scolaire. Le film raconte l’histoire de Malone, lynchée par ses camarades.
La salle de classe est pleine, les élèves farfouillent dans leur trousse pendant que l’institutrice écrit au tableau, à la craie… On croirait un vrai cours de français, mais c’est du beau jeu d’acteurs. Pendant les vacances scolaires, le collège Saint-Pierre, en centre-ville, accueille le tournage d’un film amateur. Tous les jours, de 9 h à 19 h, des dizaines de collégiens jouent les figurants pour une fiction sur le harcèlement scolaire.
Le scénario suit l’histoire de Malone, discrète collégienne de 12 ans, victime de harcèlement scolaire. Entre insultes, regards de travers et violence physique, l’ado se fait quotidiennement lyncher par ses camarades. Ainsi, lorsque Malone arrive au collège avec des baskets neuves, cadeau de sa maman qui n’a pas beaucoup de moyens, des filles de sa classe les piquent pour uriner dedans et les lui jeter à la figure.
« Montrer qu’on peut s’en sortir »
« Je veux montrer, avec ce film, la réalité du harcèlement. Donner de l’espoir aux jeunes qui sont pris dans cette injustice et donner matière à réfléchir à ceux qui sont du côté des harceleurs, explique le réalisateur, Alexandre Beurrier-Dabusco. Je veux aussi montrer qu’on peut s’en sortir. Les gamins qui traversent ce genre de mauvaise passe doivent garder des raisons d’espérer. Il n’est jamais trop tard pour apaiser ses cicatrices. »
Lui n’a jamais été personnellement victime de harcèlement, mais confie être « particulièrement engagé sur cette thématique urgente ». Ce comédien et réalisateur briochin, âgé de 44 ans, anime depuis plus de vingt ans des ateliers théâtre et cinéma dans l’agglomération. Ce film d’une heure est son premier long-métrage.
« Le scénario était écrit depuis deux ans. On avait même commencé le tournage en 2020, dans une école de Saint-Quay-Portrieux, avec un jeune acteur, Pierre, dans le rôle de la victime harcelée. Avec le Covid, on a dû tout recommencer. » Le nouveau casting est centré sur Malone Voisin, qui donne son prénom au rôle principal. À ses côtés, Loïs, qui joue Youn, son ami et allié ; un groupe de harceleuses et plusieurs adultes : professeurs, directeur, CPE, maman… Au total, une soixantaine d’acteurs apparaissent à l’écran, dont une quarantaine de figurants de 10 à 17 ans.
La jeune actrice, Malone, en quatrième année de théâtre, n’a « heureusement » jamais été harcelée dans la vraie vie. « On est très attentifs à la maison, c’est un sujet dont on parle souvent », assure sa maman, Alexine, qui assiste au tournage.
Les adultes, « premiers responsables »
Elle-même est professeure en collège, habituée à « repérer les signaux de mal-être. Mais en tant qu’enseignant, c’est vrai qu’on ne fait pas toujours attention aux élèves discrets : on peut croire, à tort, que tout va bien pour eux, puisqu’ils ne se plaignent pas… Ce film invite à redoubler de vigilance. »
C’est l’un des messages qu’Alexandre Beurrier-Dabusco souhaite passer avec cette fiction : « Les adultes sont les premiers responsables. Pour moi, le harcèlement tire sa source des déséquilibres de la cellule familiale. Parents absents, violents, mal-aimants… Lorsqu’il n’y a pas d’oreille attentive à la maison, les jeunes ont plus de risques d’être victimes ou de devenir harceleurs. »
Après près d’un mois de tournage, échelonné sur les vacances scolaires (de Pâques à juillet), le film devrait être diffusé en décembre dans un cinéma de Saint-Brieuc, puis montré dans des collèges et écoles (O.F 14/04/22).